Activités 2014 - Comité La Rochelle - Île de Ré

Hélène Nebout, alias « lieutenant Luc », résistante de la première heure, n'est plus

 

« La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas… ».

Ces quelques mots entendus faiblement à la radio, le 18 juin 1940, vont pénétrer la conscience de la jeune Hélène qui commençait alors  sa carrière d’enseignante. L’année suivante, elle débute dans la Résistance, en Charente, en passant des messages de l’autre côté de la ligne de démarcation. A trois reprises elle trompe la vigilance  de l’ennemi et éprouve un sentiment de responsabilité dont elle ne se départira jamais.

Deux années vont s’écouler avec tous les malheurs d’une guerre impitoyable, d’un occupant de plus en plus cruel, face à une Résistance qui se développe progressivement. En 1943, elle parvient à faire évader un cousin réfractaire au STO et le dirige sur l’Espagne. C’est à cette époque qu’elle entre en contact avec Jean Gagnant, chef du groupe de Résistance « Libération-sud », qui lui propose de la prendre en qualité d’agent de liaison. Elle se charge d’abord de distribuer les journaux clandestins, puis de porter aux futurs maquisards, disséminés dans la région de Limoges, des papiers d’identité pour leur permettre de circuler librement.

Elle échappe, avec courage, à plusieurs contrôles jusqu’au jour où elle découvre, sur une liste émanant de la Milice locale, qu’elle est qualifiée de « chef de la résistance de Chasseneuil »(elle devra changer 14 fois d’identité durant les hostilités).

Hélène devient donc « Luc » en même temps qu’on lui confie la co-responsabilité d’un  modeste maquis, près de Cherves. A l’occasion du 11 novembre 1943, elle et ses hommes vont déposer, dans la nuit, une gerbe au pied du monument aux morts de Chasseneuil. L’hiver, très rigoureux, contraint Chabanne, le chef de mission, à installer le maquis dans un château près de Châtelard, à charge pour ses responsables d’approvisionner les hommes en vivres, armes et munitions. Des aéroports de fortune, aux environs de Cognac, permettent aux avions anglais de déposer non seulement des moyens matériels, mais aussi des hommes tels que Bonnier, dit « Hypoténuse », qui donnera au maquis de  Luc les instructions nécessaires pour  coordonner les actions de sabotage en vue du prochain débarquement.

Bonnier sera arrêté le lendemain et se suicidera  en absorbant une ampoule de cyanure.

Chasseneuil est une nouvelle fois mis à l’épreuve le 22 mars 1944 avec l’arrivée d’une section allemande venue capturer des « terroristes ». Luc aperçoit le directeur de l’école entre deux Allemands et s’attend, sans pouvoir fuir, à être arrêtée à son tour. Elle s’allonge sur son lit avec son révolver sur la tempe et attend… décidée à ne pas vouloir parler sous la torture. Les Allemands repartiront sans avoir eu le temps de poursuivre leurs recherches et Hélène n’aura pas mis fin à ses jours ! Il lui faut néanmoins s’éloigner d’urgence.

Elle décide alors de rejoindre Poitiers où, dès son arrivée, elle rejoint le responsable de la Résistance du Poitou ; celui-ci lui annonce que nombre de résistants viennent d’être fusillés ou sont prisonniers à la Pierre Levée et qu’elle est, elle-même, condamnée à la peine de mort. Elle repart se cacher à Chasseneuil où elle apprend que son maquis  allait constituer deux compagnies dont elle prendrait le commandement en second.

Le 4 juin, elle perçoit enfin le message de Londres tant attendu : «  Les sanglots longs des violons » puis deux jours plus tard : « bercent mon cœur » et enfin les paroles du général de Gaulle : « c’est la bataille de la France ».  Les Alliés débarquent le matin du 6 juin. C’est alors que le maquis de Luc, déjà baptisé « Bir Hakeim », entre en action avec, à son actif, des actes de sabotage très appréciés par Londres.

Luc est ensuite chargée de la mise en place, à  Cherves, d’un  atelier de confection d’habillements pour les troupes. Chabanne, nommé lieutenant-colonel, dirige la subdivision de Charente-Maritime et demande à son ancienne collaboratrice de le rejoindre à Saintes où, à deux reprises, elle échappe à des tirs de mitrailleuse.

Elle venait d’être nommée lieutenant lorsqu’elle participe au difficile débarquement sur l’île d’Oléron. Confirmée dans son grade, elle est affectée à la base aérienne de Mont-de-Marsan puis, en 1947, rejoint l’Education nationale en qualité de directrice de l’école maternelle de Chasseneuil.

Hélène Nebout, rochelaise depuis plus de 40 ans, où elle vient de décéder, sera inhumée au mémorial de Chasseneuil où une place lui était réservée.

Elle est officier de la Légion d’honneur, du Mérite national et des Palmes académiques, titulaire des médailles de la Résistance, du combattant volontaire de la Résistance, du combattant volontaire 1939/45 (titre de guerre), de la croix du combattant, de la médaille de la Libération  avec barrette et de la  médaille avec rosette de l’Association franco-britannique.

                                  
                                                                                  Jean Guillard

 
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